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Rubrique Lire

La place de la littérature de jeunesse dans l’apprentissage de la lecture

Le 30 août 2006


Faciliter la compréhension des textes narratifs

La découverte d’albums ou d’histoires illustrées peut être
un moyen privilégié pour y parvenir.

L’alternance entre lecture de l’enseignant, rappel par un ou
plusieurs élèves reformulant le texte dans leurs propres mots, dialogue sur
les difficultés, nouvelle lecture de l’enseignant, nouvelle formulation par
les élèves (sous forme de dictée à l’adulte, par exemple) est susceptible
d’aider chacun à se doter d’une plus grande familiarité avec ces textes.

Articuler maîtrise du langage oral et maîtrise du langage écrit

  • D’une manière générale, au cycle des apprentissages
    fondamentaux, les élèves ne maîtrisent pas encore suffisamment l’écrit
    pour pouvoir se poser de véritables « problèmes » de compréhension sur
    les textes qu’ils lisent.
  • Les manuels d’apprentissage de la lecture reflètent cette
    situation en évitant toute complexité narrative. Si l’on souhaite que le
    développement des stratégies de compréhension des textes longs et
    complexes puisse se poursuivre, c’est donc prioritairement sur des textes
    dits à haute voix par l’enseignant qu’elles doivent être exercées.

Permettre des prises de paroles plus longues, améliorer la compréhension en dehors des situations de dialogue

Pour que chaque élève acquière progressivement une plus
grande autonomie dans ces usages du langage, pour qu’il puisse assumer une
prise de parole plus longue et plus structurée, il est nécessaire de
programmer des activités spécifiques prolongeant celles qui étaient mises en
place à l’école maternelle.

Là encore, le rappel d’un événement passé doit être
considéré comme prioritaire. Il débouche sur un usage du récit qui s’articule
avec la compréhension des textes entendus.

L’utilisation de la littérature au cycle II est donc fondamentale

  • pour l’apprentissage de la lecture ;
  • pour la continuité de l’apprentissage de la langue orale
     ;
  • pour les enjeux et les valeurs qu’elle véhicule.

La littérature de jeunesse, qu’elle soit d’hier ou
d’aujourd’hui, n’a jamais manqué de mettre en jeu les grandes valeurs, de
montrer comment les choix qui président aux conduites humaines sont
difficiles, et comment un être de papier (comme un être de chair) n’est
jamais à l’abri des contradictions ou des conflits de valeurs qui guettent
chacune de ses décisions.

L’articulation lire/écrire avec les albums

Des albums à structures répétitives invitant à la production d’écrits
PAPA LOUP, Isabelle Carrier, Bilboquet
SUR LA BRANCHE, Claude Ponti, L’école des Loisirs
UN, DEUX ET TOI !, Eric Battut, Bilboquet
À la manière de…
AVEC DES SI !, Ghislaine Roman, Tom Schamp, Milan jeunesse
BON APPETIT, MONSIEUR LAPIN, Claude Boujon, L’École des Loisirs
MOI, MA GRAND-MÈRE, Pef, La Farandole / Gallimard
Des albums dont la lecture peut être interrompue pour écrire la suite avec les élèves.
LE LOUP MAGICIEN, Laurence Bourguignon, Mickaël Durilleux, Mijade
Des albums narratifs sans texte qui invitent à l’écriture.
LA COURSE AU RENARD, Géraldine Alibeu, Autrement jeunesse
LOUP NOIR, Antoine Guilloppé, Duculot
LES MYSTERES D’HARRIS BURDICK, Chris Van Allsburg, L’École des Loisirs
Des albums narratifs dont on a enlevé le texte pour proposer une situation d’écriture s’appuyant sur le support image.

Apprendre à lire ce qui n’est pas immédiatement disponible… (Dominique Piveteaud)

L’enseignement de la lecture est un processus lent, exigeant

Ne pas lire en profondeur, c’est rester soumis au pouvoir de
celui qui écrit. Il ne faut pas se contenter de lire « au pied de la lettre
 », il faut apprendre à lire « en creux ».

Ces questions doivent être travaillées de manière explicite
avec les élèves.

Lire un livre sous-entend l’engagement du lecteur. Celui-ci
a une place à se faire dans le livre, à partir de l’espace que laisse
l’auteur.

Quel livre choisir pour quel débat ?

  • Ce n’est pas le livre lui-même qui est important, mais le débat autour
    du livre.
  • La lecture est une activité singulière.
  • La construction du sens du texte ne peut se faire qu’en collectif, dans
    la confrontation des points de vue différents.
  • Choisir un livre, c’est choisir le débat

Quel débat organiser ?

  • La pratique habituelle : on reste sur le formel (le fil narratif, les
    personnages…)
  • La question préalable
    • La maman savait-elle que sa fille allait rencontrer le loup
       ?
    • À quoi sert le petit pois ?
    • Que serait-il arrivé si le loup avait commencé par la maison en
      brique ?
    • Qui est qui ?
  • Tisser des liens entre les problématiques
  • PLOUF, Philippe Corentin, L’École des
    Loisirs
  • PAPA !, Philippe Corentin, L’École des
    Loisirs
  • YAKOUBA, Thierry Dedieu, L’École des
    Loisirs
  • LE PETIT CHAPERON ROUGE, raconté et illustré
    par James Marshall, Kaléïdoscope L’École des Loisirs

Le support de lecture

  • Le livre sans le texte : créer des attentes vis-à-vis du texte
  • La question : Que pensez-vous à partir de ce que vous
    voyez ?
  • Le rôle du maître : casser le consensus, chercher à déranger, convoquer
    l’expérience personnelle, montrer le doute et non la certitude
  • Lorsque plusieurs possibles sont installés le recours au texte devient
    nécessaire pour trouver les informations manquantes.
  • Avant la lecture du texte, donner aux enfants des outils pour le lire
    (liste de mots)
  • Lecture du texte : confrontation avec ce qu’ils connaissent déjà +
    liste de mots
  • Tous les dispositifs, y compris le retour au code doivent être
    utilisés, dès lors qu’ils sont connectés à la question du sens.